Même classe, même âge… mais déjà des mondes différents
Deux enfants de CE2, même classe, même âge : à la rentrée, l'un raconte un musée, l'autre cherche ses mots. Et si l'été avait déjà fait son œuvre, en silence ?
Comprendre
Imaginez Léa et Sami, neuf ans, voisins de table en septembre. Léa revient d'un été partagé entre des livres empruntés à la médiathèque, un séjour chez ses grands-parents et des discussions à table sur ce qu'elle voyait. Sami, lui, a passé juillet et août dans un appartement surchauffé, entre tablette et télévision, faute de centre de loisirs accessible. Aucun n'a démérité, aucun parent non plus : pourtant, dès les premières dictées, un écart se voit. Les vacances, qu'on imagine comme une parenthèse égalitaire — tout le monde s'arrête —, pourraient être au contraire le moment où les trajectoires divergent le plus discrètement.
Approfondir
Cette intuition rejoint ce que les sociologues de l'éducation appellent l'« hypothèse du robinet » (faucet theory), formulée par Doris Entwisle et Karl Alexander à Baltimore : pendant l'année scolaire, l'école ouvre le robinet des apprentissages pour tous ; l'été, il se ferme, et seuls continuent à couler les apports familiaux, très inégalement distribués. Le bloc n'en dit pas plus pour l'instant — il s'agit d'abord de regarder la scène de rentrée autrement, avant de la mesurer.
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